Je viens de fermer Robert des noms propres en soupirant. Une fois de plus, je suis éblouie par l'écriture de Nothomb. Dire que cette dernière est mon auteure favorite est un euphémisme. Elle est en réalité mon gourou. J'ai pour habitude de critiquer chaque ouvrage qui me passe sous la main, mais je me délecte à critiquer, favorablement, les oeuvres de mon Maître.
On pourrait comparer Robert des noms propres à Métaphysique des tubes ou le Sabotage amoureux, étant donné que l'histoire est fondée sur une biographie. Mais elle est doublement intéressante grâce à l'utilisation de la troisième personne, le personnage s'en trouve plus difficile à cerner mais plus attirant par sa complexité.
Je ne vais pas raconter l'histoire, même si elle est captivante, ce n'est pas le plus intéressant. Le plus intéressant, ce sont les anecdotes, les situations, les quiproquos. Le fait que le foetus soit toujours en mouvement me fascine, car la petite sera plus tard une danseuse. La finesse avec laquelle l'auteure raconte les circonstances tragiques de la naissance de Plectrude m'épate au plus haut point, ainsi que la situation de l'école des rats, la condescendance de sa mère/tante vis à vis de son poids, les rêves de l'artiste qui s'écroulent... J'ai été un peu désappointée par la légéreté de l'anorexie traitée (même si les conséquences sont irréversibles, la guérison a été, selon moi, trop rapide), et la fin m'a semblé précipitée, comme écrite dans la hâte, baclée.
Le livre n'en dégage pas moins de génie, et comprend toujours la fin habituelle des Nothomb : la mort par meurtre, rien de plus judicieux, rien de plus appliqué dans les descriptions et les variations (la strangulation dans Hygiène de l'assassin, l'étouffement dans Les Catilinaires...)
Une fois de plus, je n'ai qu'un mot à dire. CHAPEAU.