« Le serpent qui ne peut changer de peau, meurt. Il en va de même des esprits que l'on empêche de changer d'opinion : ils cessent d'être esprit. » (Nietzsche)

« Le serpent qui ne peut changer de peau, meurt. Il en va de même des esprits que l'on empêche de changer d'opinion : ils cessent d'être esprit. » (Nietzsche)
# Posté le jeudi 31 juillet 2008 05:51
Modifié le vendredi 01 août 2008 06:07

« L'amour est clair comme le jour, l'amour est simple comme le bonjour, l'amour est nu comme la main, c'est ton amour et le mien... » (Jacques Prévert)

« L'amour est clair comme le jour, l'amour est simple comme le bonjour, l'amour est nu comme la main, c'est ton amour et le mien... » (Jacques Prévert)
Beigbeder avait raison, les vrais amants n'ont pas mal au c½ur, c'est leurs poumons qui déconnent. Je te cours après et mes petites bronches s'affolent.
Et j'ai beau rire, rien ne me comble plus que de te voir sourire. J'ai beau pleurer, rien ne me touche plus que toi. J'ai beau mentir, je me montre à toi sans artifices. J'ai beau dépérir, tu ranimes la flamme à chaque fois. J'ai beau vivre, mais pas sans toi.





# Posté le mercredi 14 mai 2008 13:32
Modifié le dimanche 31 août 2008 14:01

«Défendre d'aimer à une jeune et jolie personne, ce serait défendre à un arbre de porter des feuilles au mois de mai. » (Catherine Bernard)

En mai, je fais ce qu'il me plaît, à savoir :
«Défendre d'aimer à une jeune et jolie personne, ce serait défendre à un arbre de porter des feuilles au mois de mai. » (Catherine Bernard)
# Posté le jeudi 01 mai 2008 15:14
Modifié le dimanche 31 août 2008 14:01

«L'amour commence par l'éblouissement d'une âme qui n'attendait rien et se clôt sur la déception d'un moi qui exige tout. » (Gustave Thibon)

«L'amour commence par l'éblouissement d'une âme qui n'attendait rien et se clôt sur la déception d'un moi qui exige tout. » (Gustave Thibon)
Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. Celui-ci voudrait souffrir en face du poêle, et celui-là croit qu'il guérirait à côté de la fenêtre. Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas, et cette question de déménagement en est une que je discute sans cesse avec mon âme. "Dis-moi, mon âme, pauvre âme refroidie, que penserais-tu d'habiter Lisbonne? Il doit y faire chaud, et tu t'y ragaillardirais comme un lézard. Cette ville est au bord de l'eau; on dit qu'elle est bâtie en marbre, et que le peuple y a une telle haine du végétal, qu'il arrache tous les arbres. Voilà un paysage selon ton goût; un paysage fait avec la lumière et le minéral, et le liquide pour les réfléchir!"

Mon âme ne répond pas.

"Puisque tu aimes tant le repos, avec le spectacle du mouvement, veux-tu venir habiter la Hollande, cette terre béatifiante? Peut-être te divertiras-tu dans cette contrée dont tu as souvent admiré l'image dans les musées. Que penserais-tu de Rotterdam, toi qui aimes les forêts de mâts, et les navires amarrés au pied des maisons?"

Mon âme reste muette.

"Batavia te sourirait peut-être davantage? Nous y trouverions d'ailleurs l'esprit de l'Europe marié à la beauté tropicale."

Pas un mot. - Mon âme serait-elle morte?

"En es-tu donc venue à ce point d'engourdissement que tu ne te plaises que dans ton mal? S'il en est ainsi, fuyons vers les pays qui sont les analogies de la Mort.

- Je tiens notre affaire, pauvre âme! Nous ferons nos malles pour Tornéo. Allons plus loin encore, à l'extrême bout de la Baltique; encore plus loin de la vie, si c'est possible; installons-nous au pôle. Là le soleil ne frise qu'obliquement la terre, et les lentes alternatives de la lumière et de la nuit suppriment la variété et augmentent la monotonie, cette moitié du néant. Là, nous pourrons prendre de longs bains de ténèbres, cependant que, pour nous divertir, les aurores boréales nous enverront de temps en temps leurs gerbes roses, comme des reflets d'un feu d'artifice de l'Enfer!"

Enfin, mon âme fait explosion, et sagement elle me crie: "N'importe où! n'importe où! pourvu que ce soit hors de ce monde!"



Baudelaire.

# Posté le samedi 19 avril 2008 06:20
Modifié le mardi 29 juillet 2008 13:34

« Les plus belles fêtes sont celles qui ont lieu à l'intérieur de nous. » (Frédéric Beigbeder)

« Les plus belles fêtes sont celles qui ont lieu à l'intérieur de nous. » (Frédéric Beigbeder)
Je ferme la porte d'un coup de pied. Je tourne la clé dans la serrure, me retourne. Le froid me gicle au visage, je ferme les yeux. Je marche, ferme derrière moi la seconde porte qui me sépare de la rue. Me voilà sur le trottoir. J'extirpe mon lecteur mp3 de la poche de ma veste badgée, enfonce les écouteurs dans les endroits prévus à cet effet et allume l'appareil. Cinq secondes plus tard, Joan Jett marche avec moi (j'en ai rien à foutre de ma réputation/vous vivez tous dans le passé mais c'est une nouvelle génération). Arrivée au bout de la rue, je tourne à gauche ; direction la vieille ville. Rue de la Craffe, square Bichat, une vieille dame discute avec son chien. Le chien me regarde passer. Devant le passage clouté, je m'adosse au feu de signalisation. Les voitures passent, les conducteurs me regardent sans vraiment me voir. Je traverse, passe devant le Punjab, esquisse un sourire. Je baisse la tête, regarde le bout de me chaussures. La gomme de mes plateformes avancent en glissant sur le macadam. Je passe devant la pâtisserie Collin, rêve quelques minutes devant la vitrine. Les tartes au sucre me font des clins d'½il, je regarde avec nonchalance le contenu de mon porte-monnaie qui ne contient que quelques pièces. Je pars en soupirant, les mains dans les poches. Des tecktonikilleurs sortent de la Pépinière en riant, s'arrêtant brusquement en me voyant. Surprise, je me regarde dans la vitre de la pharmacie pour m'assurer de ne pas avoir une tache d'encre sur le visage. Je n'ai rien. Plus loin, je m'arrête chez le Photographe déco, celui qui vend des petites boîtes à musique. J'entre, je dis bonjour en souriant. J'attrape une des petites boîtes à coques bleues, fait tourner la clé. Les premières notes d'Imagine se font entendre. La vendeuse me regarde, me demande si je vais la prendre. Je réponds à la négative. Me sentant de trop, je sors de la boutique, l'esprit maussade. Je regarde un instant les cartes postales du bureau de tabac. Serge Gainsbourg, Marylin Monroe, Charlie Chaplin... Je reprends ma route. Je flâne devant Little Italy, les parfums de pizza reine et de spaghettis carbonara m'enchantent les narines. Je passe devant le restau où il y a toujours une citation sur la devanture, je m'arrête un instant pour savoir de quoi il s'agit. « La connerie est la décontraction de l'intelligence » ; Gainsbourg. Je continue ma marche en souriant. Je tourne à gauche dans la rue des Maréchaux, après la place Jeanne d'Arc. J'entre dans Punk Records, le magasin de vinyles. Le gérant me reconnaît tout de suite. Il me fait un grand sourire. Ses longs cheveux blancs sont attachés en une longue queue de cheval, comme toujours. Il me regarde derrière des lunettes à verres fins. Il me demande ce que je cherche. Je lui réponds que je suis un peu sur la paille et que je ne pourrais pas investir dans des vinyles pendant quelques temps. Il me sourit d'un air un peu déçu, mais il me montre quand même ses nouveautés. Chères pour la plupart, normal : des quarante cinq tours de The Doors c'est pas si courant ... Après quelques minutes d'entrevue, je le remercie, sort du magasin en le saluant et claque la porte derrière moi. J'ai envie de rentrer chez moi, de me reposer avec une tablette de chocolat au lait devant une émission américaine complètement débile (pléonasme). Je passe cette fois-ci par la foire. Tout est fermé le matin, je peux donc marcher sans être dérangée par les passants qui me bousculent sans arrêt (le mot pardon est exclu de leur vocabulaire) ou par les forains qui me sifflent (ce dont j'ai en horreur). Joan Jett a laissé place à Deborah Harry, et c'est maintenant Atomic qui me foudroie les tympans. Sur le chemin du retour, je croise la même vieille dame qu'à l'aller. Le même chien me regarde de la même façon. Je descend ma rue, le regard canin imprimé dans la rétine. J'ouvre la porte verte qui me sépare de la résidence. Je descend les quatre marches en pierre. J'ouvre la porte de ma serre. Une odeur de pain d'épice me souhaite la bienvenue.

Je colle mon front contre la porte en me disant que la vie est un sacré cercle vicieux.
# Posté le samedi 12 avril 2008 10:35
Modifié le dimanche 31 août 2008 14:01